Si le premier homme tatoué répertorié semble être un homme de Cro-Magnon on estime qu’actuellement 10% de la population est concernée par le tatouage. Il s’est totalement démocratisé ces dernières années comme en témoignent les nombreux événements (convention et salon) organisés à travers le monde. Esprit Berry a voulu en savoir plus sur ce qui est devenu un réel phénomène de société en rencontrant Adrien Giordani dans son tout nouveau salon  » Le Chat Ferré « .

C’est au second étage d’un immeuble de la rue Grande, quartier tranquille, qu’Adrien nous reçoit. Si nous avions une idée préconçue de l’univers du tatouage, nous sommes agréablement surpris par l’environnement et surtout par le calme et la sérénité du tatoueur. L’ambiance feutrée de son salon privé nous laisse à penser que le lieu est propice à la confiance nécessaire pour accompagner ses clients dans une démarche souvent initiale.

Faire de sa passion un métier !

D’origine lyonnaise, Adrien a grandi dans l’ambiance du cabaret de son père  » Le Chat Ferré  » du vieux Lyon. Il démarre son parcours professionnel dans le monde de la vidéo et du graphisme. C’est par hasard et après une discussion avec son tatoueur qu’il a sa  » première piqûre « .

Il fait alors l’acquisition de sa première machine et commence à s’entraîner sur des peaux de cuir. L’idée d’en faire son métier prend rapidement forme car cette nouvelle activité lui semble regrouper tous les paramètres qu’il recherche tels que : l’indépendance, la création, le commerce et l’échange. L’absence d’école ou de formation lui impose de pénétrer cet univers en autodidacte. Peu à peu, il perfectionne son savoir-faire. Même s’il admet que son œil est aiguisé pour l’image il considère que seul un travail acharné permet une bonne création artistique. Son sens de l’observation, son imagination et sa culture font le reste.

L’idée de créer sur des corps le passionne et c’est tout naturellement qu’il démarre son activité de tatoueur en 2010 à Lyon avant de rejoindre Châteauroux en 2012.

Des débuts riches en expériences

Si d’aucuns lui prédisent de faibles chances de réussite à Châteauroux, il enregistre très vite une forte demande et après quelques mois il ouvre son premier studio de tatouage rue de la République.

Par la suite il crée  » le Salon  » route de la Châtre avec d’autres tatoueurs. Ce nouveau local à la déco industrielle lui donne non seulement plus de visibilité mais également l’opportunité d’échanger avec d’autres
passionnés sur leurs techniques. La cohabitation ayant ses limites, Adrien préfère retrouver son intimité et crée le salon  » Le chat ferré  » en souvenir de son père.

Dans son parcours initiatique Adrien passe un an et demi à sillonner l’Europe pour parfaire sa technique avec ses pairs.  Après avoir largement appris à l’extérieur, il envisage de reproduire ce procédé en élaborant dans son salon un  » Guest concept  » qui va lui permettre d’accueillir une semaine par mois un tatoueur français ou étranger qui pourra bénéficier de ses installations. Une habile manière d’échanger mais aussi de faire profiter la population locale de créateurs extérieurs.

Un accompagnement personnalisé

Adrien ne se considère pas comme un artiste mais plus comme un artisan. Pour lui la création d’un tatouage est inévitablement le fruit d’un partage avec chaque client qui relève parfois de l’intimité. C’est pour cette raison qu’il accorde une journée complète minimum à chaque projet.

Le processus commence par un entretien avec la personne qui souhaite se faire tatouer pour identifier ses motivations et ses envies. Ensemble ils définissent le thème qui peut être tribal, animal, végétal, floral ou familial. Par la suite, Adrien dessine et construit le motif choisi d’un commun accord. Cette phase peut durer quelques heures. Puis il convient de définir la place où il sera appliqué afin de sublimer la partie du corps sélectionnée mais aussi de mettre en valeur le tatouage. Il faut pour cela respecter les lignes de force du corps afin d’obtenir un tatouage plus efficace.

Un travail précis basé sur l’échange

L’approche psychologique du tatoueur est donc indispensable d’autant plus qu’il peut selon les cas avoir des vertus thérapeutiques pour certains clients. L’échange initial avec le client direct ou par téléphone permet à Adrien de débroussailler le terrain et de définir un projet pictural.

Adrien est en perpétuelle quête d’inspiration de par ses lectures avec les gravures de Gustave Léger, des livres de botanique ou du monde animalier.

A l’arrivée du client tout va s’enchaîner très rapidement selon le format sélectionné. Si un tatouage de format classique peut imposer une séance de quelques heures, des pièces plus conséquentes (un dos complet) nécessitent souvent cinq à six séances (environ 25 heures).

Une fois le tatouage défini, Adrien prépare un dessin numérisé sur une tablette. Imprimé sur un carbone au moyen d’un thermo-copieur le dessin est finalement disposé sur le corps avec un révélateur avant de procéder aux piqûres d’encre.

Le cadre de travail, l’appréhension des clients, la forme ou l’état de fatigue/stress peuvent amenuiser ou augmenter l’effet de douleur.

Il existe aussi l’option  » Free hand  » qui consiste à créer le tatouage en direct sur la peau. Elle est envisageable en fonction du motif à réaliser. C’est une approche qu’Adrien pratique parfois et qui d’après lui est assez excitante pour le tatoueur.

Enfin alors que certains produisent des tatouages en couleurs, Adrien se suffit à n’utiliser que le noir et blanc.

Pourquoi un tatouage ?

Entouré de beaucoup de rituels au travers des âges le tatouage qui se voulait dans les années 70 une attitude rebelle, transgressive est plus aujourd’hui un reflet esthétique. Il participe à l’habillage du corps et tout particulièrement sur les parties visibles alors que dans les années 80 il était très souvent discret pour ne pas dire tenu secret sur les parties cachées.

Dans 70% des cas le tatouage se veut la transcription d’une pensée, d’un souvenir ou d’un fait. Il peut également avoir des vertus cosmétiques pour améliorer ou reproduire des attributs naturels.

Adrien considère qu’il existe 4 motivations :

  • Symbolique
  • Esthétique
  • Provocateur
  • La combinaison des trois premiers qui assure une belle réalisation

Les tendances actuelles

Si le boum du tribal et du polynésien semble bien retombé, ces derniers temps on assiste à un réel engouement pour le géométrien et le floral qui laissent plus de place au réalisme.

La nouvelle génération fonctionne par effet de mode en suivant les tendances. Si les tatouages de dragon ou roses aimaient se nicher au creux des reins, la tendance actuelle est de faire migrer le tatouage vers la hanche qui offre un côté plus sexy. L’intérieur du bras, le flanc du biceps tourné vers le corps offre de l’intimité mais permet de montrer son tatouage selon les positions.

Le must actuel est le tatouage ultra-réaliste qui transforme le corps du tatoué en support photographique. Autre tendance majeure : l’écriture script qui donne l’impression d’un trait continu au lieu d’un mot.

 

Studio de tatouage Le Chat Ferre
149 rue Grande – Châteauroux – 06 48 15 84 60
Uniquement sur rendez-vous
Retrouvez Adrien Giordani & Le Chat Ferré sur Facebook : @lechatferre